Il parle avec tranquillité de son parcours exceptionnel, qui l’a mené de la Chine au centre de Paris, de la maroquinerie à la tech. Jacky Z. Chang, fondateur de Paris Fashion Shops, marketplace destinée aux professionnels de la mode, a plus de vingt-cinq ans d’entrepreneuriat derrière lui. Forcément, ça cuirasse. Mais derrière le calme, le feu de la passion couve toujours…

Le cracheur de feu

 Un entrepreneur en famille

Jacky a créé sa première entreprise, un atelier de maroquinerie, à l’âge de 20 ans. Un destin naturel ? Revenons en arrière : ses parents étaient entrepreneurs en Chine : ils achetaient du poisson en gros et le revendaient sur les marchés de Whenzou, une région chinoise caractérisée par une forte dynamique entrepreneuriale. Arrivé en France en 1980, son père se lance dans la maroquinerie. Le reste de la famille le rejoint quatre ans plus tard ; Jacky a alors dix ans. « Autour de moi, mes parents, les amis de mes parents : tout le monde était entrepreneur », raconte-t-il. Alors oui, presque naturellement, il devient entrepreneur à peine dix ans plus tard, travaille en famille, avec son épouse, son neveu. Ses fils continueront-ils à porter le flambeau de l’entrepreneuriat ? C’est à voir. En tout cas, ils auront vu leur père se lancer dans l’aventure de la start-up, risquer mille fois le dépôt de bilan… et persévérer. « La première année, on a passé 365 jours sur 365 à frôler la fin. J’espère leur avoir transmis qu’il ne faut pas abandonner. » Nul doute : le feu est bien là, tout proche. 

Au passage, Jacky dégomme tout éventuel préjugé sur « les Chinois-travailleurs- entre eux. » « J’ai grandi en France. » Point final. Avant de poursuivre : « L’entrepreneur est international par nature, avec une « open mind. » » Fermons ce rideau-là.

 Passion et intégrité

Tout au long de notre entretien, Jacky cite d’autres entrepreneurs. Malgré une activité intense, on sent qu’il a pris le temps de se nourrir de l’expérience de ses aînés. Voici par exemple l’une des citations qui l’inspire au quotidien : « Quand tu recrutes quelqu’un, utilise trois critères : l’énergie, l’intelligence et l’intégrité. Si tu n’as pas le troisième, les deux premiers te tueront. » (Warren Buffet) Et voilà le feu qui brûle à nouveau lorsqu’il évoque le thème de l’intégrité. « C’est un ciment qui crée la confiance entre nous. » C’est vrai depuis le début de l’aventure et encore davantage lorsque la plateforme est devenue rentable et que le nombre de collaborateurs a bondi de 30 à 65. « Jusqu’alors, je recrutais « au nez », à l’intuition. Il a fallu passer à un process plus structuré », raconte-t-il. Lâcher le contrôle, mettre en place des procédures… tout en préservant au mieux l’ADN des débuts. Les équipes se sont donc réunies et ont défini cinq valeurs communes : passion, partage, performance, innovation et intégrité. Vu de l’extérieur, on pourrait ajouter : de l’audace. Tant il est vrai que derrière cette façade de calme total, il en a fallu une sacrée dose pour passer outre les solutions du marché, doubler des concurrents gigantesques, et créer une marketplace de zéro, proposant ses propres solutions informatiques, logistiques, et même son studio photo aux boutiques indépendantes. 

Résultat : une croissance annuelle de 30% . Et des ambitions encore plus grandes pour les dix ans à venir…Tiens, une autre citation pour conclure, cette fois de Jack Ma (ex patron d’Alibaba) : « Entre 20 et 30 ans, tu choisis de suivre un patron ; entre 30 et 40 ans, tu entreprends, et en cas d’échec, tu peux toujours te relever ; entre 40 et 50 ans, tu te concentres sur ce que tu sais faire de mieux ; entre 50 et 60 ans, tu t’entoures de jeunes qui vont t’apporter des idées ; à partir de 60 ans, tu prends du temps pour toi. » Dans dix ans, Jacky  aura 57 ans. Du temps pour lui, vraiment ? « Je vais commencer à lever le pied », promet-il. Mais est-ce qu’un feu s’éteint facilement… ?

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Portrait réalisé par Fanny Raimbault avec  ♡

Et rédigé par Claire Aubé

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