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Jérome Valat - fondateur et CEO de Clayrop

Dernière mise à jour : 25 avr.


Jérôme Valat

Faire face aux révolutions


Nous entrons dans une nouvelle ère, au sein de laquelle beaucoup de dirigeants, en particulier ceux des entreprises du CAC-40, devront opérer des changements nécessaires aux révolutions en marche.


Tout d’abord une révolution intellectuelle et humaine autour des sujets de parité, de diversité, d’inclusion et de responsabilité sociétale et environnementale. Cette révolution accentuera les pressions liées au plein emploi et à

l’attraction des talents dans un monde où les baby-boomers partent massivement à la retraite et où certains secteurs connaissent déjà des pénuries de collaborateurs. En tant qu’acteur du numérique, nous subissons ce manque de candidats cycliquement depuis les années 2000. Mais d’autres entreprises le découvrent, comme celles de la restauration, et se retrouvent aujourd’hui désarçonnées devant cette nouvelle configuration. Cette pénurie de ressources humaines n’est pas à prendre à la légère. Ses impacts peuvent gripper toute la chaîne de valeur d’un secteur voire d’une économie. Une différence stratégique qui va rapidement amplifier les déséquilibres concurrentiels au niveau mondial.


La révolution se joue également sur les marchés où beaucoup de directions d’entreprises doivent changer de paradigme. Aux Trente Glorieuses ont succédé en France ce que Dominique Turcq appelle les Trente Piteuses. Que seront les 30 prochaines années ?


A l’heure où la planète envoie de nombreux signaux d’alerte, où le marché de l’emploi prend un virage pénurique durable, où les populations ont démontré leur capacité à faire tomber de leurs piédestaux leurs idoles autrefois admirées, quelle entreprise pense aujourd’hui encore que chaque décision stratégique peut faire fi des analyses d’impact sociétal, humain, environnemental ?


A l’heure des réseaux sociaux, où l’information traverse instantanément la planète, et où le « Name and Shame » est devenu une pratique généralisée, il y a fort à parier que certaines leaders d’aujourd’hui tomberont tel Icare pour avoir voulu trop s’approcher du soleil.


La pression des marchés ne peut plus être la seule boussole des organisations. Là est le changement drastique de paradigme.


Les cartes du marché numérique rebattues


Et le numérique dans tout ça ? Les politiques des entreprises en la matière ont malheureusement suivi la même tendance, privilégiant une externalisation souvent mal maîtrisée et aux rapports de force incertains.


La cartellisation du marché numérique ne peut être niée. Un tel phénomène est d’ailleurs classique, comme celui du sucre dans les années 1960, ou celui du pétrole avec l’OPEP. Le pouvoir numérique est aux mains de quelques acteurs, envers qui la dépendance est grande, et le risque financier bien réel. Ce risque financier est accru avec l’augmentation des prix de l’énergie qui se

répercute sur les coûts IT.


A cela s’ajoute le risque avéré de confier des informations parfois très sensibles, comme celles liées au secret industriel ou comme les données de santé, à des acteurs non européens sous l’argumentaire résigné «  comment faire autrement ? ». Les entreprises qui ne prennent pas ces sujets majeurs à bras le corps se dessinent un avenir assez terne.


C’est pour cela que l’indépendance numérique est essentielle à plusieurs titres pour une organisation : garantir le respect de valeurs communes avec son fournisseur, la sécurité de ses données et de celles de ses clients, mais aussi assurer son autonomie stratégique et financière.


Vouloir s’en affranchir est néanmoins compliqué et ambitieux, d’autant plus pour les entreprises françaises, qui, contrairement à leurs homologues anglo-saxonnes, n’ont pas cette culture de l’IT, qu’elles perçoivent encore trop souvent comme un centre de coût.


Si la bataille pour l’indépendance numérique est pour l’instant perdue en ce qui concerne les «  couches basses  », à savoir les processeurs, le stockage ou encore les réseaux télécoms, la guerre n’est pas pour autant perdue. Il reste les « couches hautes », c’est-à-dire les services et applications, sur lesquelles il est possible - et souhaitable - de retrouver une autonomie, qui pourrait infuser vers la base.


L’idée n’est pas de concurrencer frontalement les Amazon, Google et Microsoft, mais de concentrer nos efforts sur des solutions applicatives et logicielles européennes, suivant des initiatives innovantes, vertueuses et locales. Tous les acteurs, privés et publics, doivent se mobiliser pour parvenir à des résultats. Déjà, le gouvernement français investit d’importants montants en faveur du marché du numérique. Gageons que demain son implication sera plus grande encore, en devenant un supporter et un acheteur solide de solutions locales, qui existent bel et bien.


Les jeunes pousses du numérique sont bien là, avec leurs solutions innovantes, leurs processus de développement souples et rapides et les cerveaux issus de l’enseignement technologique français, de haute qualité.


Les pages qui suivent démontrent aussi que l’engagement individuel des dirigeants est nécessaire pour assurer l’enjeu collectif de souveraineté technologique et que la prise de conscience est en marche.


Bientôt, nous en sommes convaincus, tous ces faisceaux convergeront pour laisser place à l’émergence de champions européens technologiques. Une révolution du numérique qui se fera, enfin, suivant un code de conduite socialement et environnementalement respectable.


Et si nous ouvrions la période des Trente Consciencieuses…socialement et environnementalement respectable.

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