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Laurence Stoclet - DG déléguée d'Ipsos : "Nos technologies proviennent de partout"

Dernière mise à jour : 28 mars


Ipsos est un institut de sondage présent en France et à l’international. Son métier est centré sur la donnée,  qu’il recueille,  analyse et restitue. Sa directrice générale déléguée,  Laurence Stoclet,  explique les enjeux de souveraineté de l’entreprise,  et les moyens mis en place pour la favoriser.


Ipsos n’est certes pas une société technologique au sens premier du terme. Mais elle est à l’origine de milliers de données,  et recourt pour cela à différentes technologies. «  Nous avons le souci de posséder les technologies les plus pertinentes afin d’être les plus compétitifs possibles vis-à-vis d’une concurrence mondiale,  puisque nous opérons dans 90 pays », explique Laurence Stoclet,  directrice générale déléguée d’Ipsos.


Pour cela,  l’institut de sondage développe un certain nombre de solutions numériques en interne,  misant à la fois sur des partenariats et des acquisitions. Au total,  pour assurer ses activités d’études mais aussi son organisation interne,  Ipsos utilise 200 applications, parmi lesquelles seulement deux sont françaises  : Synthesio,  solution d’écoute des réseaux sociaux rachetée par Ipsos en 2018,  et Askia,  startup spécialisée dans les logiciels d’analyse de résultats d’enquêtes, acquise en 2020.


La souveraineté passe par la pluralité


Le fait que seules deux applications sur 200 soient tricolores est révélateur… Pourtant,  Ipsos s’évertue à recourir à des technologies dans l’ensemble des pays où l’institut est présent. « Croatie , Angleterre, République tchèque, EtatsUnis,  Canada,  Autriche…nos technologies proviennent de partout,  et représentent un équilibre démocratique et de diversité », insiste Laurence Stoclet.


Pour la directrice,  c’est la souveraineté de son entreprise qui importe avant tout ; celle qui consiste à « s’assurer que nous ne sommes pieds et poings liés avec aucun de nos fournisseurs », précise-t-elle. Afin de garantir cette autonomie,  Ipsos fait systématiquement appel au minimum à deux fournisseurs pour chacun de ses besoins technologiques. «  Nous utilisons aussi bien Microsoft Teams que Google Workspace, et nous laissons la latitude de switcher de l’un à l’autre. Idem pour les solutions d’hébergement  »,  donne Laurence Stoclet en exemple.


Autre aspect essentiel de la souveraineté d’Ipsos,  la préservation de la confidentialité de ses données,  qui ne sont pas uniquement la propriété de l’institut de sondage,  mais aussi et avant tout celle des répondants. Elles ne sont donc jamais transmises de façon nominative et individuelle aux clients commanditaires d’études. «  De ce fait,  le RGPD ne représente pour nous aucune contrainte supplémentaire spécifique que celle que nous appliquons déjà », indique la directrice générale. D’ailleurs Ipsos applique ces règles quel que soit le pays concerné,  européen ou non. «  Comme nous maîtrisons parfaitement ce sujet,  cela nous confère un certain avantage concurrentiel », ajoute-t-elle.


Une question européenne


Laurence Stoclet ne s’en cache pas, elle s’inquiète du poids que prennent certains acteurs dans le secteur numérique,  Gafam en tête. Elle pointe en particulier un manque  : celui d’une vraie politique européenne commune en la matière, avec pour conséquence une difficulté à faire valoir ses droits. «  Dans le milieu bancaire,  les accords Swift autorisant l’accès aux données de ce réseau bancaire européen aux autorités américaines illustrent bien le déséquilibre mondial actuel  »,  argumente Laurence Stoclet.


A son niveau,  pour pallier la suprématie d’un seul acteur,  Ipsos mène une stratégie d’hybridation. «  Nous avons la particularité de gérer des données très compartimentées. Elles sont stockées là où elles sont utilisées : en France pour les données françaises, aux Etats-Unis pour les données américaines,  etc.  »,  explique Laurence Stoclet.


Pas de stockage centralisé partagé donc,  mais des prestataires de serveurs pluriels,  dans des localisations diversifiées. «  Une stratégie avec un seul fournisseur serait beaucoup trop risquée », estime la directrice générale.


Enfin,  si Laurence Stoclet émet des doutes quant à une corrélation directe entre performance économique et souveraineté numérique,  elle conclut en déclarant  : «  La souveraineté européenne du numérique devra sans doute passer par des regroupements d’acteurs au sein de mêmes secteurs d’activités ; car elle ne peut être le fait d’une seule entreprise,  aussi influente soit-elle. »


« La souveraineté européenne du numérique devra sans doute passer par des regroupements d’acteurs au sein de mêmes secteurs d’activités. »

Interview issu de l'étude : Concilier performance industrielle et souveraineté technologique, éditée par Instinct Collectif en partenariat avec Cleyrop.

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